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ARTICLES DE PRESSE |
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15 Février 2010 |

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On appelle récepteur une molécule placée à la surface de la cellule qui capte les signaux du milieu extracellulaire (ligands) pour induire un signal à l’intérieur de la cellule via différentes cascades moléculaires. On a toujours communément considéré un récepteur comme un interrupteur qui est éteint en absence de son ligand. Depuis une dizaine d’année, notre équipe travaille sur certains récepteurs qui, en absence de leur ligand, ne sont pas inactifs mais au contraire, induisent un signal qui conduit la cellule à mourir. Ces récepteurs sont appelés récepteurs à dépendance : ils placent la cellule qui les porte dans un état de dépendance vis-à-vis du ligand pour sa survie. Il a été montré que ces récepteurs contrôlent la progression tumorale : en effet, les cellules cancéreuses surnuméraires se retrouvent en compétition pour fixer le ligand disponible et celles qui n’ont pas fixé de ligand vont être amenées à mourir via leur récepteur à dépendance. Les récepteurs à dépendance constitueraient donc un nouveau mécanisme de contrôle antitumoral. Dans ce cas, une cellule tumorale pourrait avoir un avantage sélectif si elle perd le récepteur ou si elle devient autonome et produit elle-même son ligand. Ce gain de ligand est particulièrement interessant en terme thérapeutique. En effet, on peut imaginer séquestrer le ligand et, de fait, réintroduire la cellule dans un programme de mort. Nous avons étudié le récepteur à dépendance TrkC. Il a été montré que dans des cancers pédiatriques tels que le neuroblastome, la présence de TrkC est un facteur de bon pronostic. Nous avons cherché à savoir si TrkC en tant que récepteur à dépendance pouvait contrôler la progression tumorale. Les résultats obtenus montrent que près de 40% des tumeurs de neuroblastome parmi les plus agressives produisent elles-mêmes le ligand NT-3 afin de pouvoir progresser sans déclencher la mort induite par le récepteur à dépendance TrkC. Ainsi, lorsque nous avons empêché des cellules de ces tumeurs de produire NT-3, nous avons rétabli cette mort cellulaire. Nous avons également réalisé une étude sur le modèle de l’embryon de poulet in ovo. Nous déposons des cellules humaines sur la membrane chorioallantoïdienne de l’embryon de poulet. Cette membrane est traversée par des vaisseaux sanguins qui permettent les échanges gazeux à l’interieur de la coquille. En une semaine, les cellules tumorales humaines forment une tumeur, entrent dans les vaisseaux sanguins, parviennent aux poumons de l’embryon et y forment des métastases. Cependant, si nous appliquons un traitement qui bloque la liaison de NT-3 à son récepteur TrkC, nous observons une diminution du nombre de métastases et une réduction de la taille des tumeurs primaires formées. Nous avons obtenu des résultats similaires dans un modèle de tumorigénèse chez la souris. Ainsi, nous avons montré que le couple ligand/récepteur à dépendance NT-3/TrkC contrôle en partie la tumorigenèse dans le contexte du neuroblastome. Par ailleurs, des résultats préliminaires nous laissent penser que NT-3/TrkC pourraient aussi avoir un rôle important dans d'autres cancers comme le cancer du sein. |